«SCENARIO POUR UNE ARNAQUE… »

Publié le 19 Février 2016

Le 25 janvier se réunissait la commission de développement économique de la CCHF, le 26 janvier  le président de la CCHF titrait sur son blog :

« Feu vert pour  la mission de maîtrise d’œuvre  relative à la zone d’activité de la croix rouge B et du barreau de contournement du faubourg de Cassel à Quaëdypre »

Petit retour en arrière sur le déroulement des événements précédents : la mécanique d’une escroquerie intellectuelle…

Acte 1 : Naissance du collectif l’Hirondelle des Faux Bourgs avec une prise de position affirmée pour la défense des commerces de proximité et inévitablement contre le projet d’extension des zones commerciales au Faubourg de Cassel.

Acte 2 : En réaction, mise en place par le président de la CCHF, les semaines suivantes (voici environ 18 mois)  d’une commission chargée de rédiger une charte commerciale, en fait comme nous l’avions dénoncé à l’époque, une opération d’anesthésie préalable à l’assassinat  prémédité des commerces de proximité. Un seul objectif à terme pour le président de la CCHF, servir les intérêts du gérant de la SCI Picsou au détriment des commerces en place condamnés à la disparition à plus ou moins brève échéance.

Acte 3 : Instrumentalisation d’une association (Vivre mieux au Faubourg de Cassel), sous la dictée d’élus de Socx et de Quaëdypre entrés dans l’association avec « la bienveillance » de membres séduits par un siège au conseil municipal. Cette  association qui venait d’officialiser au cours de son assemblée générale le fait que désormais elle se préoccuperait seulement d’organiser « la ducasse au faubourg » (ce sont leurs termes) abandonnant toute action pour défendre et tenter de préserver ce quartier (ce pourquoi avait été créé l’association à l’origine). Elle profite également de cette occasion pour délivrer un message d’allégeance à nos trois élus artisans du naufrage que l’on connaît. Promotion par leur mentor, le président de la CCHF, de cette association « godillot » au rang d’association représentative, l’objectif étant de donner l’illusion d’une concertation aboutissant forcément sur un total consensus.

Acte 4 : Retour sur le devant de la scène d’un serpent de mer, le barreau de contournement, refrain très connu puisque entendu depuis tellement  longtemps. Le président de la CCHF en avait déjà fait un argument de campagne bien avant les élections cantonales de 2011. Déclarations optimistes régulièrement renouvelées sur l’avancement du dossier du barreau de contournement,  mais à aucun moment étayées par d’autres que lui. Photos sur le blog de participants à des réunions pour le barreau, une palette de techniciens très honorables et certainement très compétents mais aucun décideur, jamais, mise en scène, rideau de fumée rien de bien neuf, la routine.…

Acte 5 : La multiplication des gestes vers les unions commerciales,  discours dithyrambiques, saupoudrages de quelques modestes subventions accordées ou revalorisées, enfin participation à la sauvegarde d’une épicerie de village, ce qui soit dit en passant est une mesure intéressante,  déjà initiée depuis de nombreuses années dans beaucoup d’autres territoires, type de mesure qui, si elle avait été exploitée suffisamment  tôt, aurait permis d’éviter la totale désertification de nombreux de nos villages sur notre territoire. Il est vrai qu’il est difficile de se préoccuper de défendre la ruralité quand on a déjà l’esprit et l’emploi du temps très occupé à assurer la promotion de grandes enseignes.

Ces opérations et « mesurettes» ne sont en fait que des actes de communication visant à tenter d’immuniser le président de la CCHF contre toute suspicion de vouloir organiser la disparition du petit commerce. C’est le seul objectif de cette agitation très largement médiatisée,  tenter d’améliorer son image pour le faire apparaître comme « le champion » du commerce de proximité et faire oublier que la charte mise en chantier par lui est restée lettre morte. Cette charte devait contribuer à protéger les commerces existants mais  il a été impossible de rédiger la moindre ligne dans ce contexte ou l’unique objectif est de favoriser à n’importe quel prix les intérêts de la SCI Picsou et surtout ne rien élaborer ou entreprendre qui puisse entraver ses intérêts et ambitions démesurées. Une telle dévotion depuis tant d’année de la part du président de la CCHF est bien étrange qu’elle finit par en devenir disons « troublante » (pour rester dans l’euphémisme). Aujourd’hui le président de la CCHF arrive au terme de cette mission, il tombe le masque, officialise l’abandon, de la façon la plus lâche et la plus pitoyable, des commerces en place les laissant complétement démunis face au rouleau compresseur qu’il s’apprête à actionner pour le seul profit de la SCI Picsou et des grandes enseignes associées.

Acte 6 : réunion de la commission de développement  économique de la CCHF.

La commission de développement est chargée de préparer les dossiers et les questions qui doivent être « débattues » au conseil communautaire. Ils sont dans leur très large majorité d’accord avec le président sur le projet d’extension, ou tout au moins ils votent comme lui, rien de bien neuf donc.

A relever toutefois l’association du projet de barreau de contournement avec celui de l’extension commerciale dans la même décision ce qui n’est pas un simple hasard. Avec le président de la CCHF, autour de chaque proposition, le traquenard est souvent présent et la vigilance s’impose.

Pourquoi donc veut-il associer ces deux projets ?

Il passe depuis déjà fort longtemps 18 000 véhicules par jour au Faubourg de Cassel ce qui justifie amplement de prendre des mesures concernant cette circulation excessive. Nous ne voyons pas en quoi il faudrait attendre l’hypothétique extension de la zone d’activité pour traiter ce problème d’autant plus que déjà le président de la CCCB, suivi du dernier conseiller général du canton, rejoint par le président de la CCHF (on change la casquette mais la partition reste identique) nous avaient déjà assuré que le barreau de contournement était acquis, il est vrai que depuis du statut « d’acquis » il avait rétrogradé à celui de « en bonne voie »

Aucun accord aujourd’hui n’est donné quant à la réalisation de ce barreau qui serait en essayant de comprendre les nombreuses et quelquefois contradictoires déclarations du président de la CCHF une déviation de la départementale dans la partie qui traverse le faubourg en un nouveau tracé. A moins que ce ne soit qu’une pénétrante pour desservir les futurs commerces de la zone, (ce qui dans ce cas devrait être financé par la SCI Picsou et non par l’argent public). Ce barreau ne peut être réalisé sans la participation notamment financière du conseil départemental dont dépend la voie concernée. Le nouveau tracé du prétendu barreau de contournement traverserait une ZNIEFF (zone d’intérêt écologique faunistique et floristique) cela semble, difficilement réalisable donc aujourd’hui peu probable.

Lier et mener les deux projets en même temps ce sera  pour le président de la CCHF la possibilité de :

  • Prétendre que le barreau de contournement se fera grâce à l’extension commerciale et qu’il ne pourra pas se construire sans cette extension. En clair, il faut dégrader encore un peu les conditions de vie de ce quartier pour pouvoir ensuite seulement les améliorer, original non ?

  • Affirmer que les personnes qui s’opposent à l’extension commerciale sont opposés au barreau de contournement donc à l’amélioration des conditions de vie des habitants du faubourg

  • Faire avancer très vite le projet d’extension en promettant que le barreau suivra. Il pourra mener à terme l’extension dans sa totalité, en fait son unique objectif, et continuer à communiquer sur un barreau qui restera « en bonne voie », dont la réalisation sera« imminente »,il nous l’écrira sur son blog, il aura reçu l’assurance d’éminentes autorités, forcément incontestables, disposant comme il se doit de titres ronflants avec bien sûr photos à l’appui, de «la grosse ficelle», du déjà vu et revu, encore, et encore, sur de nombreux autres sujets, la routine pour lui, « le foutage de gueule » toujours…

  • Faire aboutir à n’importe quel prix l’extension et, « si d’aventure » le barreau ne se faisait pas ce ne sera bien évidemment pas de son fait mais celui d’autres responsables, ils restent aujourd’hui à désigner, pour cela, il n’est jamais à cours de ressources. Et in fine pour nous rassurer il nous dira encore que malgré tout il continue à y travailler. Nous en avions déjà pris pour 10 ans il en jouera bien jusqu’à la fin de son mandat.

 

La suite reste à écrire ….

Aujourd’hui l’extension commerciale n’est pas acquise quoique sous-entende le président. L’avis de la commission économique semble lui suffire, il considère que le vote communautaire lui  est acquis c’est, il nous semble, prendre peu de cas de l’expression démocratique dont seul le conseil communautaire dans sa globalité en session plénière est dépositaire.

Le conseil communautaire aura bien évidemment à se prononcer et donner son aval sur l’option unique défendue depuis toujours par le président, aucune autre alternative n’a jamais été imaginée.

Que chaque maire, que chaque représentant au conseil communautaire sache bien au moment de voter que valider ce projet le 23 février c’est affirmer personnellement son accord et assumer définitivement et en connaissance de cause :

  • La destruction de plus d’emploi qu’il n’en sera créé (de ceux-là on ne nous en parle jamais)

  • La volonté de condamner à disparaître une grande partie des commerces de proximité, notamment à Bergues, Wormhout, Hondschoote, Zeggers- Cappel, Herzeele, Esquelbecq, Brouckerque… les premiers à être impactés parce que dans le rayon de la première onde de choc, avant que d’autres ne suivent à leur tour.

  • La décision de vider les centres des villes et d’en expurger toute forme de vie ou d’activité sociale.

  • La création de ce que la SCI Picsou appelle un retail-park qui n’est ni plus ni moins qu’une « nouvelle ville » dédiée exclusivement aux commerces, qui seront majoritairement des enseignes nationales sans originalité comme il en est partout ailleurs, tout cela installé aux portes d’un des plus beaux sites de Flandres sacrifié au profit de quelques intérêts particuliers.

  • A passer par pertes et profits, (pertes énormes pour beaucoup, profits tout aussi énormes pour un tout petit nombre) l’engagement décliné sous toutes ses formes, quant à la préservation de la ruralité.

 

Rassemblement le mardi 23 février à 18 heures sur la place d’Esquelbecq  pour la réunion du conseil communautaire des Hauts de Flandres

 

  • Pour encourager nos représentants élus à refuser de sacrifier l’avenir pour le court terme la seule option aujourd’hui proposée

  • Pour les convaincre de ne pas tuer le commerce de proximité qui anime la vie de nos villes et nos villages.

  • Poursauvegarder la ruralité et la vie des villes et villages menacés par ce projet.

Rédigé par L'hirondelle

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