Faire n’importe quoi… et les mots pour…ne pas le dire…

Publié le 8 Décembre 2014

Que d’attention pour le commerce de proximité, les initiatives, les déclarations d’amour pour le petit commerce pleuvent de toutes parts. Dans  un journal de la CCHF de septembre, l’édito de ce président débordant de bonnes intentions a, sans nous convaincre, retenu suffisamment notre attention pour que nous nous y revenions un moment.

« Un juste équilibre doit être trouvé entre la grande distribution et le commerce de proximité… » 6000m² et de nombreuses enseignes supplémentaires non négociables d’un côté, 1000 euros de subvention aux unions commerciales et une charte, ce machin à, comme il le dit, «coécrire» de l’autre. Les subtilités des lois de la gravité, semblent comme celles de l’urbanisme, lui être bien étrangères.

Pour participer entre autres à la « co écriture » de cette charte, « Une association représentative de riverains… » Qui donc pour représenter une telle association ? A la première réunion, la secrétaire de la dite association, cumulant un poste  d’adjointe au maire de Quaedypre qui par ailleurs ne s’est jamais opposée lors des délibérations du conseil municipal aux décisions favorables à la SCI Picsou et pour cause puisque « lobbyiste» à ses heures de cette dernière. On mesure bien là la nature de la  « représentativité », évoquée et privilégiée par le président de la communauté de communes, il est en effet difficile de faire « plus représentatif ». Quant aux évidents conflits d’intérêts, chacun appréciera….

Dans plusieurs articles de presse, éditos et autres interventions du président de la communauté de communes et des gérants de Picsou, il est régulièrement mis en avant « la modernité », du genre « il faut vivre avec son temps »  ou encore «  avec son siècle », pourquoi pas ? Sauf que les options retenues aujourd’hui sont datées du siècle dernier et leurs effets pervers tant du côté des consommateurs que de celui des producteurs et fournisseurs sont aujourd’hui régulièrement mis en évidence. Dans le même temps apparaissent les solutions pour demain : la proximité, la vente directe, les circuits courts, la qualité et la diversité…Ces concepts en devenir, à l’opposé des options retenues, ne sont hélas pas à la portée de simples raisonnements comptables dépourvus de toutes notions d’anticipation et d’intérêt général.

« Le développement durable, le lien social, la proximité et l’aménagement du territoire ont tout à y gagner » un tel discours ne manque pas de tenue sauf que les valeurs du développement durable tels que :

  • l’efficacité économique sans préjudice sur  l’environnement,
  • l’équité sociale en réduisant les inégalités entre les individus,
  • la qualité environnementale en limitant les impacts environnementaux,

sont ici bafouées

Les préjudices et les impacts sur l’environnement de ces projets sont incommensurables, accroissement de la circulation, du bruit et de la pollution atmosphérique, dégradation de la route départementale déjà défoncées et étonnamment pas entretenue dans la portion du faubourg de Cassel, pollutions visuelles, destruction et imperméabilisation des terres agricoles et des espaces naturels, altération irréversible du patrimoine historique exceptionnel de Bergues…

 L’équité sociale : la concentration de toutes les nuisances depuis 30 ans au Faubourg de Cassel, générant des revenus conséquents, investis dans les villages des deux communes en charge de l’administration de ce quartier écarté systématiquement de toutes formes d’investissement depuis des lustres.

 La reprise du concept de développement durable est une usurpation de plus, et ne correspond en rien aux pratiques actuelles et aux orientations retenues plus proches en fait de l’improvisation.

Quant à l’aménagement du territoire ceux qui passent au Faubourg de Cassel reconnaissent bien  là comme l’affirme le président de la CCHF dans son édito « l’audace, l’imagination et une volonté sans faille »  ces « qualités » partagées vraisemblablement avec les maires des deux communes, « co-artisans, conjoints et solidaires » de l’état épouvantable de ce quartier, et ce ne sont pas les projets portés par le président de la CCHF avec la SCI Picsou qui amélioreront la situation, projets que nous, citoyens modestes et responsables, nous efforcerons de faire avorter.

C’est pourquoi, et dans un premier temps, L’Hirondelle des Faux Bourgs a engagé un recours à l’encontre du permis de construire délivré par le maire de Quaedypre à la SCI Picsou pour la construction de trois cellules commerciales, autorisation que notre association estime entachée de nombreuses irrégularités sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir plus en détail …

Rédigé par L'hirondelle

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Un habitant de la CCHF 14/12/2014 21:30

Dans le texte de décembre 2014 de ce Blog on lit :
« Les préjudices et les impacts sur l’environnement de ces projets sont incommensurables, accroissement de la circulation, du bruit et de la pollution atmosphérique, dégradation de la route départementale déjà défoncées et étonnamment pas entretenue dans la portion du faubourg de Cassel »

Cette réflexion est réelle.
Des habitants du Faubourg de Cassel avec lesquels j’ai eu l’occasion d’échanger se sont plaints des bruits provoqués par les réparations de fortune effectuées ces dernières années : trous rebouchés plusieurs fois (parfois au même endroit), mais qui à chaque passage de véhicule provoquent des bruits amplifiés, raccords de bitumes suite à travaux de remise en état de conduites d’eau et suite à tranchée complète au travers de la route, qui provoquent les mêmes soucis. Difficile à vivre lorsque la chambre est côté route ou lorsque l’on est contraint pendant plusieurs mois de dormir dans le salon proche de la route pour raison de santé qui interdit de monter à l’étage dans sa chambre côté jardin.
C’est malheureusement du vécu.

Situation d’autant plus difficile à accepter que le département du Nord avait prévu de refaire le bitume de la chaussée en 2014.
Certains élus des communes qui administrent le Faubourg de Cassel sont intervenus pour retarder cette réfection au regard que des travaux plus importants étaient à faire, à savoir la mise au tout à l’égout de la partie extrême du Faubourg de Cassel. Chose louable.
Mais que pensez de cette intention quand les budgets prévus pour la nouvelle mandature démarrée en avril 2014 n’auraient pas prévus les investissements suffisants pour faire ces travaux ? Certes des subventions semblent possibles pour les réaliser mais on sait que les processus politiques et administratifs de décision sont très longs.
Aucune politique commune des 2 communes en charge du problème cité ici n’est aujourd’hui annoncée aux habitants concernés.
Dans ces conditions, ne valait-il pas mieux laisser le Département refaire le bitume de cette départementale pour donner un minimum de confort aux habitants de ce territoire fort éprouvés par le passage d’environ 18000 véhicules jour dont plus de 1000 camions ?

Il est vraiment temps de faire quelque chose.